Le collaboratif : précarisation, libéralisation ? Non, optimisation !

Plus personne n'est aujourd'hui choqué par le fait d'embarquer dans sa voiture un inconnu sur un trajet de 500km. Pourtant, il y a quelques années, à part pour les adeptes de l'auto-stop, de tels usages n'étaient pas vraiment imaginables. 

Même analyse concernant le fait de laisser son appartement ou sa maison à un tiers lorsque l'on part en vacances, ou encore louer une place de parking. Les moeurs de consommation évoluent à grande vitesse. Les barrières tombent, les humains se font de plus en plus confiance, et le contact entre inconnus n'a jamais été aussi facile. Aujourd'hui, s'il y a une place de libre dans notre véhicule, si notre domicile est vide un soir, si notre machine à laver ne tourne pas toute la journée, on est en mesure de rentabiliser le temps de non-utilisation de nos biens grâce à d'autres personnes qui, elles, en ont besoin ou n'en possèdent pas à portée de main. 

Il nous est donc paru tout à fait possible, lorsque nous avons identifié le besoin de fraîcheur d'une grande partie de la population dans des situations diverses, d'y proposer une solution collaborative. Des salles de bains, des salles d'eau, sont disponibles partout autour de nous. Certains aimeraient en profiter et ne peuvent pas. Il faut donc permettre aux propriétaires qui le souhaitent de mettre à disposition leurs infrastructures

Le collaboratif : souvent décrié à tort

Aujourd'hui, l'échange collaboratif de services via les grandes plateformes que peuvent être AirBnB, BlaBlaCar et autres Uber est souvent décrié. Pourtant, il permet dans des situations concrètes d'apporter une aide précieuse à des consommateurs, ou plutôt, devrions-nous dire, à des citoyens. 

Bien sûr, il faut faire attention aux déréglementations, à la concurrence déloyale, et il ne faut pas que ces améliorations de services se fassent au détriment des professionnels installés de longue date, que ce soit dans l'hôtellerie, le transport ou autres secteurs concurrentiels. 
Le collaboratif est un complément et ne peut se substituer à une activité salariée régulière, à de rares exceptions près (comme Uber). Les abus existent comme dans chaque activité générant de l'argent, et il faut y être attentif. Ne pas s'alarmer pour autant : simplement faire en sorte que les choses se passent de manière équitable, éthique et respecteuse de chacun. La loi de chaque pays est là pour veiller au bon fonctionnement économique de cet écosystème et nous devons lui faire confiance pour adapter au mieux les législations aux nouveaux usages. 

Vers une coexistence paisible des modèles ?

En fait, plutôt que de s'opposer, ces différentes offres, classiques et collaboratives, peuvent et doivent coexister. Concernant le marché de la fraîcheur, celui qui nous intéresse et sur lequel nous travaillons depuis deux ans désormais, il n'existe rien aujourd'hui qui puisse répondre au besoin concret d'avoir accès à une pièce d'eau pour 15, 30 ou 60 minutes, loin de chez soi. Donc, en arrivant sur ce marché composé essentiellement de "système D" et d'usages inadaptés, Wateroom n'enlève rien à personne. Au contraire ! En proposant à des établissements de rentrer sur la plateforme, Wateroom peut même leur permettre, à l'instar des plateformes de locations d'hôtels à l'heure, de développer leur activité. 

Alors, non, "l'Uberisation" (ce terme n'est-il pas déjà galvaudé ?) n'est pas mère de tous les vices, elle ne déshabille pas nécessairement Pierre pour habiller Paul, et elle peut rendre simplement la société meilleure. Apporter à des personnes un service dont elles ont besoin, tout en permettant à d'autres d'augmenter leurs revenus. Optimiser, dans une logique à la fois d'organisation des espaces, d'économie et d'écologie, chaque bien, chaque infrastructure. Simplifier les choses, tout simplement. 

Nous, acteurs du collaboratif, sommes là pour innover, chercher des solutions à des problèmes réels, rendre en fait la vie plus simple à des milliers, des millions de gens. Ne nous jetez pas la pierre !

 

Maxime 
CEO